Actualités et coups de coeur

 Quelques articles ou documents que nous avons aimés:









  • Une interview, en anglais, de David Kelley sur la place de l'empathie dans le management, Fast Company, avril 2011.
 DK Design thinking is a process of empathizing with the end user. Its principal guru is David Kelley, founder of IDEO and the Hasso Plattner Institute of Design at Stanford (otherwise known as the d.school), who takes a similar approach to managing people. He believes leadership is a matter of empathizing with employees. In this interview, he explains why leaders should seek understanding rather than blind obedience, why it's better to be a coach and a taskmaster and why you can't teach leadership with a PowerPoint presentation.


  • "Qualité relationnelle et gouvernance participative: vers une coopération intégrale? " Une interview d'Isabelle Desplats par Diane Baran sur Radio CNV, le 27 février 2013 :
 radio cnv



kaizen
 Echanger de façon constructive est primordial dans la vie quotidienne. Au sein du couple, de la famille, au travail, entre amis... partout une communication bienveillante peut nous permettre d’aller à l’essentiel, augmente les chances de nous relier les uns aux autres tout en considérant les besoins de chacun.

 

 

  • Une interview de Françoise Keller sur RCF, émission "Le temps de se dire"
 RCF

 

  • Un article de Psychologies Magazine qui parle du dernier livre de Françoise Keller: Pratiquer la CNV au travail
psyc

 

 Françoise Keller

 12 Moyens de se pourrir durablement la vie au travail!

par Françoise Keller

Vous pouvez retrouver ces articles sur le site de Concertience, en cliquant ici.

  Première croyance pour nous pourrir définitivement la vie au travail

«Ce qui marche bien est normal et n’a pas d’intérêt : n’en parlons pas !»

Je reprends avec joie, après plusieurs années de silence, d’expériences enrichissantes et d’écriture, une chronique mensuelle sur ce site. Mon souhait est de débusquer avec vous 12 habitudes ou croyances qui rendent la vie professionnelle difficile, voire douloureuse ou grave. Une manière de nous inviter, avec humour et bienveillance, à envisager les choses autrement, à développer nos marges de manœuvre pour transformer le travail au service de l’homme, de tous les hommes et de la planète !

Voici donc une première croyance qui me semble bien ancrée dans la vie professionnelle : ce qui marche bien est normal, n’a pas d’intérêt et ne mérite pas qu’on en parle.

En réalité, cela a commencé, pour bon nombre d’entre nous, à l’école. Lorsque nous avons fait des dictées, nous avons reçu des corrections avec nos fautes d’orthographe soulignées en rouge. Rien n’était dit sur les accords bien accordés, les verbes conjugués selon les règles de l’art, les accents bien choisis ou les ponctuations fidèles…. Il n’y a qu’en sport qu’on compte les buts ou les points réussis. Quand il faut travailler, on n’est pas là pour s’amuser : ce qui marche bien est normal, n’a pas d’intérêt et on ne va quand même pas en parler !

Cette croyance permet d’être efficace. Comme nous n’avons pas de temps à perdre, nous n’allons pas parler de ce qui fonctionne et nous allons uniquement nous rencontrer, prendre du temps quand ça ne va pas. Nos réunions, par exemple, pourront être plus courtes car nous traiterons uniquement des problèmes (et des absents qui n’ont pas envie de venir, on ne comprend pas pourquoi…). Qu’avons-nous à l’ordre du jour aujourd’hui ?

Cette croyance permet de rester humble, en minant systématiquement et de manière durable la confiance en soi, l’estime de soi et la reconnaissance puisque nous parlerons uniquement des erreurs, des maladresses, des échecs. Nous en parlerons de manière positive : il y a 10 défauts ce mois, il faut passer à 8 le mois prochain ! Les échecs vont avancer et motivent : c’est bien connu ! Les plus solides résisteront, les autres quitteront l’entreprise à un moment à un autre ! Quand donc est-ce que j’ai exprimé pour la dernière fois à un collaborateur, un client, un fournisseur ce que j’appréciais dans notre collaboration ?

Cette croyance permet à coup sûr d’éviter la diversité et le management inclusif. Puisque ce qui marche pour moi est normal et ne mérite pas que j’en parle, alors, bien évidemment, je vais penser, sans en parler, que ce qui marche pour moi marche pour les autres aussi. Je vais donc me persuader que ce que je sais faire, les autres savent bien le faire aussi (puisqu’on n’en parle pas). C’est une bonne manière de construire des malentendus, de faire travailler les médiateurs, les assurances et les avocats. Comment je regarde celui qui échoue là où je réussis ou celui qui réussit là où j’échoue ?

Cette croyance permet aussi de passer à coté de sa mission personnelle : je n’ai jamais parlé avec quiconque de ce que je sais faire naturellement, avec plaisir, avec talent… puisque ça marche. Donc je ne connais pas la place que je peux tenir dans le monde sans effort puisque c’est un secret ! Qu’est-ce que je fais de ce que je sais faire avec facilité, avec plaisir et avec talent ?

Cette croyance est également excellente pour le teint. Si jamais il m’arrive de rencontrer une personne – naïve ou peu expérimentée, soit dit en passant – qui me fait un compliment, relève une chose que j’ai faite et qui a bien fonctionné, veut valoriser mon savoir-faire, alors je pique un fart et je bredouille « Mais c’est bien normal, c’est mon travail »… Excellent pour garder les joues roses en toute occasion ! Comment j’accepte de voir ce que j’ai fait qui a été utile, qui a réussi, qui a fait plaisir à un collègue ou a contribué à la réussite collective ?

Mais n’exagérons pas le trait. Nous avons aussi été formés au management, à l’économie des signes de reconnaissance, à la conduite d’entretiens ! Alors cette croyance a une variante : nous sommes autorisés à parler de ce qui marche bien dans un certain nombre de cas extrêmes, notamment juste avant de faire une critique négative « Monsieur Dupont, votre rapport est très bien mais vous avez une heure pour me le refaire avec les bons chiffres. » ou « Les résultats de ce mois sont vraiment excellents et on voit que tout le monde a fait des efforts, il va falloir augmenter encore la qualité et réduire les coûts pour tenir face à la concurrence ». Quand est-ce que j’ai parlé de quelque chose qui fonctionne bien au travail, sans arrière pensée, sans intention d’obtenir quoi que ce soit ?

Mais puisqu’on en parle, c’est peut-être parce que ça ne fonctionne pas si bien que ça alors ?

 

Deuxième croyance pour nous pourrir définitivement la vie au travail

« Il est effrayant de penser que cette chose qu’on a en soi, le jugement, n’est pas la justice. Le jugement, c’est le relatif. La justice, c’est l’absolu. Réfléchissez à la différence entre un juge et un juste» Victor Hugo

Nous avons vu une première croyance utile pour nous pourrir définitivement la vie au travail « ce qui marche bien est normal, n’a pas d’intérêt et ne mérite pas qu’on en parle. »… Je vous invite à examiner une deuxième compétence extrêmement utile pour éviter d’être heureux au travail.

Un site travaillant sur la pédagogie écrit « L’exercice du jugement par les enseignants ne présente pas un caractère totalement innovateur. En effet, ils ont toujours interprété les données recueillies sur les apprentissages de l’élève. Ce qui est nouveau, c’est l’accent mis sur le jugement professionnel à d’autres moments de la démarche d’évaluation. ». Nous voilà donc face à une compétence bien ancrée en chacun de nous depuis l’âge de trois ans environ : savoir juger, savoir être jugé, savoir comparer…

Nous avons un cerveau, une intelligence qui nous permet d’évaluer, de classer, de comparer et de juger. Cette compétence est fort utile dans notre travail quotidien. Elle permet au médecin de poser un diagnostic, à l’entrepreneur d’évaluer la santé de son entreprise, à l’ingénieur de concevoir ou fabriquer des produits, au commercial de les vendre, à l’acheteur de les acheter. Ce n’est donc pas cela qui va nous pourrir la vie. Cela constitue plutôt le fond de notre activité quotidienne.

Si nous voulons réellement nous pourrir la vie au travail, il est plus utile de juger les personnes, ce qu’elles sont de préférence, voire ce qu’elles font et ce qu’elles disent, de manière négative si possible, voire de manière positive. Nous pouvons commencer par nous exercer en jugeant autrui, notamment les personnes avec qui nous avons intérêt à coopérer. Voici quatre manières de juger autrui….

Jugements

Ces quatre manières sont intéressantes car elles ont plusieurs avantages destructeurs :

  • Elles s’intéressent uniquement au passé qu’on ne peut pas changer, elles sont donc faciles à ressasser et peuvent envahir de manière obsessionnelle notre esprit.
  • Elles ne donnent aucune information factuelle et n’apprennent rien à personne. Il est beaucoup plus inefficace et destructeur de dire « Vous êtes un être dominateur » que de dire « Au moment où nous nous prononcions sur le problème, je ne vous ai pas vu écouter les propos des autres. Je ne sais pas comment faire avec vous pour faire entendre mon point de vue, quand je ne suis pas d’accord avec vous. »
  • Elles ne disent rien de personnel et donnent à l’autre une responsabilité qu’il n’a pas. Il est beaucoup plus inefficace de dire « Votre compte-rendu est un torchon » que de dire « Je n’ai pas retrouvé dans votre compte-rendu les observations que j’ai relevées moi. Je me sens très contrarié car je tiens à un respect de la parole de chacun. Pouvez-vous reprendre votre compte-rendu ? »
  • Elles  nous invitent à déformer la réalité et notre observation du réel avec les lunettes de nos jugements ; il est si facile de voir le désordre d’une personne désordonnée, le retard d’une personne qui est toujours en retard, le manque de fiabilité d’une personne peu fiable !
  • Elles réduisent à l’impuissance et à la culpabilité ; l’utilisation du verbe « être » en particulier, laisse à penser que ce qui a toujours été le sera toujours ; si nous avions utilisé notre mental ainsi vers dix mois, nous n’aurions sans doute jamais pris le risque de nous mettre un jour à marcher sur nos deux pieds !

Si vraiment d’ailleurs vous souhaitez vous pourrir la vie de manière sure et pérenne, vous pouvez également dire à l’autre ce que vous pensez de lui. Et si nous n’en avons pas le courage, soyons certains que notre non verbal saura transmettre les jugements inavouables que nous avons sur autrui !

Nous pouvons même aller plus loin et instaurer le jugement comme un système dans notre entreprise, en instaurant des rituels d’évaluations et de jugements. Ces systèmes s’instillent de manière très subtile dans les évaluations  avec des questions comme « Trouvez vous l’intervenant  très compétent, moyennement compétent,  incompétent ? » ou dans la pratique des feedbacks positifs « Identifiez en une phrase les trois qualités principales de votre collaborateur. »

Enfin nous avons une possibilité encore plus puissante de nous pourrir la vie de manière extrêmement efficace : nous juger nous-même. Nous pouvons nous appliquer à nous-même ce que nous appliquons aux autres, avec le pouvoir d’être encore plus dur avec nous-même (au diable la politesse !) et surtout avec le pouvoir de croire facilement ce que nous disons de nous….

Eh bien, moi je me juge un peu sévère aujourd’hui alors changeons un instant de registre !

Pour mettre un peu plus de bonheur et d’espace dans notre vie professionnelle, invitons-nous ce mois-ci à distinguer les jugements et la réalité des faits….

Voici quelques exemples…

  • Je ne suis pas impulsif…. J’ai dit hier une parole que je ne pensais pas en réalité…
  • Vous n’êtes pas autoritaire…. Quand vous me dites « Faites moi une proposition pour demain huit heures, je suis furieux car j’aimerais être pris en compte dans mon organisation, seriez vous d’accord qu’on regarde ensemble un planning satisfaisant pour vous et pour moi ? »…
  • Il n’est pas manipulateur… Je n’ai pas trouvé pour l’instant un moyen d’être en sécurité dans la relation avec lui…
  • Il ne fait pas froid… J’ai froid…
  • Ce bureau n’est pas en désordre… Ca fait une heure que je cherche le dossier de Monsieur Dupont et j’apprécierai de gérer mon temps autrement. Pourrions-nous convenir d’un mode de classement commun ?
  • Je suis toujours en retard… Jusqu’à maintenant, j’ai tellement peur d’arriver en avance et de perdre du temps que j’ai du mal à respecter les horaires de mes rendez-vous. Comment pourrais-je faire autrement pour ma journée de demain ?

 

Troisième croyance pour nous pourrir définitivement la vie au travail

«Nos objectifs et les moyens de les atteindre, voilà qui dépend de notre mentalité. Il est extrêmement difficile de changer de mentalité, une fois que nous sommes formatés. Nous créons le monde selon nos mentalités. Nous devons inventer des moyens pour changer nos perspectives, sans cesse, et reconfigurer nos mentalités rapidement, quand émerge une nouvelle connaissance. Nous pouvons transformer le monde, si nous pouvons transformer nos mentalités.» Muhammad Yunus, prix nobel de la paix 2006

Lorsque je regarde autour de moi, je vois que ce n’est pas si facile de se pourrir définitivement la vie au travail, de manière durable. Je veux dire que ce n’est pas si facile d’éviter la crise de la quarantaine, un changement de cap soudain après une crise, une colère « ça suffit comme ça ». Je vois beaucoup de personnes autour de moi qui se mettent à être heureux au travail, voire heureux et performant, voire même heureux, performant et appréciés. Ils et elles créent leur entreprise, travaillent et organisent leur temps différemment, considèrent les autres comme des partenaires et pas comme des ennemis, embauchent des personnes fragiles, innovent, trouvent du sens dans leur activité… sont heureux… et sèment du bonheur autour d’eux en travaillant…. Ce n’est donc pas si facile de se pourrir définitivement la vie au travail et nous avons donc besoin de nous entraîner et de rassembler toutes nos compétences. J’ai déjà parlé de deux compétences importantes : « Ne pas s’intéresser aux réussites » et « Juger » mais je vois bien que c’est insuffisant car certains arrivent quand même à être heureux avec ça. Il nous faut monter en compétence ! Je vous en propose aujourd’hui une que je trouve fort utile « extrapoler ».

Le fait d’extrapoler est une activité que nous utilisons fréquemment dans le milieu scientifique et qui nous a également été fort utile dans notre apprentissage de la vie. Je suis émerveillée de regarder un petit enfant découvrir les nombres et le système numérique qui permet de compter jusqu’à l’infini. « Qu’est-ce qu’il y a après dix neuf ? » « Vingt » « Et après ? » « Tu recommences « vingt et un, vingt deux »… et l’enfant énumère (parce qu’il extrapole !) « vingt trois, vingt quatre, vingt cinq, vingt six, vingt sept, vingt neuf, vingt dix » - « Ah non, on ne dit pas vingt dix (ah bon voici une extrapolation qui ne fonctionne pas….mais on oubliera vite ces exceptions !), on dit trente et puis on continue « trente et un, trente deux… ». Et l’enfant apprend par extrapolation. On continue cet apprentissage dans la vie… Au travail, l’extrapolation nous sert à établir des prévisions, des budgets parfois pertinents… et parfois… erronés…

Extrapolation

Mais en quoi cela a à voir avec le bonheur et le malheur au travail me direz-vous ? Vous vous égarez dans votre culture d’ingénieur pensez-vous peut-être ? Alors ne perdons pas notre fil ! Essayons de voir comment cette compétence, que nous avons tous, peut nous être utile pour nous pourrir définitivement la vie au travail !

Prenons un premier exemple. Je pense à Isabelle, 38 ans, qui adorerait faire un métier et qui me dit « Je ne peux pas faire ce métier car je ne sais pas parler en public ». En réalité Isabelle extrapole avec habileté pour ne pas faire ce qu’elle aime. Elle a plusieurs observations (j’aime bien demander aux personnes les « preuves » de ce qu’elles affirment). Par exemple, lorsqu’elle avait 16 ans, il lui est arrivé de rougir en classe et de ne pas trouver ses mots (Mesure A). Dans son premier poste, elle a rougi et perdu le fil de ce qu’elle voulait dire lorsque le directeur de projet l’a interpellé sur un sujet qu’elle n’avait pas préparé (Mesure B). Elle en déduit (extrapolation) qu’elle est timide, qu’à tout moment elle peut se mettre à rougir, perdre le fil de ce qu’elle veut dire, qu’elle ne peut pas prendre de responsabilité ni faire les activités qu’elle aime faire ! Voici de bonnes bases pour se pourrir la vie n’est-ce pas ?

Prenons un deuxième exemple. Jacques travaille dans une entreprise et a mal au dos. Une adaptation de son poste de travail permettrait de le soulager mais Jacques me dit « Ah non, je ne peux pas demander ça ! Mon chef ne m’écoutera pas. Il n’écoute jamais ses collaborateurs (extrapolation) ». Jacques me dit ça car, bien sûr, il a plusieurs observations de situations où son chef n’a pas écouté.

Des linguistes (créateurs de la langue E Prime) ont montré qu’une manière de favoriser l’extrapolation est le verbe « être ». Lorsque je dis que « je suis désorganisé », je dis que j’ai été désorganisé (j’ai des observations du passé) et que j’extrapole que cette situation ne peut pas changer. Voyez la différence entre dire « Je suis désorganisé » (extrapolation) et « Jusqu’à présent, j’ai été désorganisé » (une réalité du passé sans extrapolation) ou « J’aimerais améliorer mon organisation pour mieux gérer mon temps » (un souhait pour le futur).

L’extrapolation est intéressante pour se pourrir la vie au travail car elle conduit inexorablement à l’impuissance, à l’incapacité à changer les situations qui nous dérangent, à évoluer. Si nous avions eu cette compétence à dix mois, nous nous serions interdits de nous mettre debout en nous disant « Moi je suis un marcheur à quatre pattes » ! Aujourd’hui encore l’extrapolation est un bon moyen d’éviter de se mettre en marche, d’être acteur, de changer…

L’extrapolation est intéressante car elle est facile à utiliser avec les personnes que nous fréquentons régulièrement, nos collègues de travail par exemple ! « Il est autoritaire », « Elle est impulsive », « De toute façon avec lui on ne peut jamais coopérer », « Cette équipe est toujours en retard sur tous les engagements qu’ils prennent », « Je suis surchargée de travail »…. Tout cela ne nous convient pas et cela ne changera jamais, jamais, jamais !

L’extrapolation est une bonne base pour créer une situation vraiment pourrie et inextricable au travail. En voici un exemple mais vous saurez trouver les vôtres ! Dans l’entreprise « Extrapole », on considère que « les dirigeants n’écoutent rien » donc on en déduit que « ce n’est pas la peine de leur dire ce qu’on pense », donc on leur dit rien, donc les dirigeants se plaignent : « les décisions ne sont pas appliquées » et on finit tous ensemble par décider que « les organisations hiérarchiques sont inefficaces… et le resteront toujours »…

L’extrapolation est fondamentale pour interdire la créativité, l’innovation. C’est assez facile de voir que tous les créateurs ont arrêté d’extrapoler. Ils se sont permis de trouver alors que, jusqu’à maintenant, on n’avait jamais rien trouvé. Ils se sont permis d’expérimenter des solutions qui n’avaient jamais fonctionné. Ils se sont permis de réussir là où tout le monde avait échoué. Quel toupet !

Et c’est bien avec nous-même que nous avons peut-être le plus de facilité à extrapoler. C’est si facile de dire « Je suis… » et de commencer à se pourrir la vie au travail !

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Quel cap tenir face à l’inattendu ?

par Françoise Keller.

Voici donc l’heure d’écrire « la quatrième manière de se pourrir définitivement la vie au travail »…. Mais me voici avec trois obstacles inattendus bien contrariants : je n’ai aucune envie aujourd’hui de regarder ce qui pourrit la vie au travail car je suis habitée par de très beaux moments professionnels que je viens de vivre ; je n’ai pas d’inspiration et, surtout, je ne retrouve pas l’article que j’avais préparé. Alors que faire ?

VoilierPremier choix – Tenir son cap quand même !

Eh bien, évidemment, ma première option consiste à me dire que je suis une bonne professionnelle, que je dois faire cet article, que je peux bien faire cet effort : entre une réunion et un rendez-vous important à préparer, je dois bien pouvoir trouver un moment pour écrire cet article. Un peu de concentration que diable ! Je dois bien avoir quelque chose à dire sur une nouvelle manière de me pourrir la vie au travail, avec toutes les expériences que j’ai déjà faites en ce domaine !

Eh bien, en voilà une manière de me pourrir la vie au travail (ouf !) : tenir le cap envers et contre tout. Faire quand même, même si je n’en ai pas le temps, même si je n’en ai pas les moyens, par devoir, par obligation, parce qu’il faut, parce qu’on doit, parce que c’est comme ça, un point c’est tout.

Deuxième choix – Laisser tomber !

Oh et puis zut ! Ras le bol de faire les choses par devoir, je me suis mise à mon compte pour faire les choses par choix et par plaisir. Mon cher Olivier, tant pis pour vous, vous n’aurez pas ma chronique cette fois-ci, vous n’aurez pas de sujet ou vous ne l’aurez pas dans le délai promis.

Eh voici une autre manière de me pourrir la vie au travail : renoncer, laisser tomber en prenant le risque de son cortège de conséquences : renoncer à une réalisation qui me tient à cœur et pour laquelle j’ai mis de l’énergie qui devient infructueuse ; ne pas satisfaire mes partenaires et clients ; dégrader mon estime de moi ; laisser venir la culpabilité.

Troisième choix – Accueillir la réalité

Quand je vois les deux choix précédents, je n’ai pas beaucoup de joie et j’ai d’abord envie d’accueillir la réalité telle qu’elle est sans la juger, avec objectivité : De quel temps je dispose ? Quelle énergie j’ai à ma disposition ? Quels sont mes ressources, mes moyens ? Quels sont les enjeux ?

Je suis étonnée de la difficulté que nous pouvons avoir, que je peux avoir, à accueillir la réalité telle qu’elle est. Parfois j’aime imaginer que j’ai un martien intérieur qui vient d’arriver sur cette terre et qui écoute ce que j’entends. Voici ce que mon martien intérieur a entendu récemment de la bouche de dirigeants ou de managers, par ailleurs, très compétents « Je demande à mes collaborateurs des choses impossibles à faire car on n’a pas les moyens » ; « Comment je peux faire quand j’ai deux exigences non négociables qui sont incompatibles ? » ; « Je suis ennuyé car je dois tenir cette échéance et c’est impossible ». Mon martien intérieur s’étonne car ça ne lui paraît pas « logique ». Si c’est impossible, on ne le fait pas et si on le fait c’est que c’est possible…. Enfin, c’est ce que pense mon martien intérieur….

A noter que cette réalité inclut le registre de la tête - mes pensées, de ce que je pense en terme d’organisation, de faisabilité, de ressources disponibles…. – mais aussi du cœur, des émotions – comment je me sens, qu’est-ce qui me donne de la joie, du plaisir.

La réalité inclut aussi ce que je vis et ce que l’autre vit et je suis émerveillée de voir combien je sous-estime régulièrement la souplesse de mes interlocuteurs. Je veux dire que, souvent, lorsque j’ose exprimer avec authenticité ce qui me pose problème, je découvre que mes interlocuteurs acceptent davantage de souplesse que je ne pensais et que nous sommes capables de coopération, au-delà de ce que je peux imaginer toute seule.

Quatrième choix – Discerner et piloter

Une fois que j’ai accepté la réalité, il me reste un exercice délicat que les spirituels appellent le discernement, que les dirigeants appellent la stratégie, le pilotage, l’intelligence de situation : discerner l’essentiel au cœur de l’important ;  faire preuve à la fois de détermination et en même temps de souplesse.

Oui, je tiens à respecter mon engagement sur ce site que j’apprécie tellement. Oui, je tiens à honorer mes lecteurs avec un article que j’espère de qualité. Oui, je tiens à prendre soin de la relation avec les différents acteurs de ce site. Oui, je tiens à prendre un sujet qui a du sens pour moi, dans ma vie d’entrepreneur, et qui est en lien avec du concret. Mais, non, je ne suis pas obligée de m’obliger à traiter un thème pour lequel je n’ai pas d’inspiration. Non, ça n’a pas de sens de passer une heure à chercher sur mon ordinateur un fichier improbable que j’ai peut-être égaré. Non, ça n’a pas de sens de passer ma nuit à écrire un article, au risque de dégrader mon travail de demain.

Alors oui, je vais faire une note qui parle de ces moments si importants ou l’imprévu, l’inattendu vient nous questionner : Quel est le cap que je veux garder et de quelle manière je peux m’adapter ?

Cinquième choix – Se réjouir de la créativité qui émerge de l’intelligence de situation

J’aime alors me réjouir et observer, souvent après coup, la créativité qui émerge lorsque j’ose accueillir l’inattendu, lorsque je prends le temps de discerner ce qui est important et de transformer, faire évoluer, négocier ce qui est transformable. Et j’aime en particulier me réjouir des cadeaux souvent inattendus qu’offre cette expérience. C’est l’histoire d’un entrepreneur qui trouve un nouveau client important, en faisant le choix d’aller porter sa voiture au garage au lieu d’aller à un rendez-vous commercial car sa voiture est tombée en panne à un moment inattendu. C’est l’histoire d’un cuisinier qui invente une nouvelle recette qui devient célèbre car il s’est trompé dans un dosage. C’est l’histoire d’un bateau qui, en changeant de trajectoire, découvre de nouveaux horizons. C’est l’histoire d’un entrepreneur et d’un client qui vivent plus heureux, de manière plus performante, car ils se sont écoutés et ont fait le choix de prendre en compte leurs contraintes respectives. C’est l’histoire de toutes les impasses qui se transforment en portes ouvertes. C’est l’histoire, je crois, de tous les entrepreneurs qui savent s’adapter à leur temps et à leur réalité !

Bon vent !

 

 

 

 

 

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